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- Pierre Le Coz
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- Le silence des
villes,
24 pages, 5,33 euros
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Il s'éveille dans
la profondeur calme et sombre de la nuit d'été.
Pas un bruit; la ville s'est endormie et les étoiles ont
éclaté comme de l'herbe. Il sort sur la terrasse
pour regarder la mer qui respire faiblement sous le ciel. L'heure
la plus étrange et la plus douce : lorsque le monde est
enfin rendu à lui-même et que le mystère
peut sourdre. Ombre sur l'ombre, les feuillages bougent à
peine contre le fond bleu et noir de la nuit : comme s'ils méditaient
eux aussi; comme s'ils cherchaient eux aussi à faire venir
une parole. Les astres sont si lointains, et pourtant il lui
semble qu'il pourrait les toucher rien qu'en étendant
le bras. Mais il se contente de les effleurer du regard, les
laisse à leur faction muette au-dessus de la terre assoupie.
Passer pour qu'ils continuent de luire parler pour qu'ils
continuent de se taire. Demain il sera parti; pour l'heure il
veut seulement approfondir ce sentiment de stupeur émerveillée,
aller au bout de cette parfaite solitude sous les nébuleuses,
comme si tout au fond de leur puits noir s'ouvrait un passage,
un salut. Oui sans doute, là-bas, derrière toutes
les épaisseurs, par-delà toutes les distances,
il y a le fond radieux du monde, le feu insoutenable du dehors
dont les étoiles, dans leur splendeur, ne sont que les
pâles témoins. Comment le rejoindre ? Comment jeter
le regard de l'autre côté ? Les astres semblent
s'être encore rapprochés; la mer bouillonne sous
eux, laiteuse louange à leur inaccessibilité. |